Access to Fanzones

Oreste* : Le monde que tu as connu appartient désormais à l’Histoire.

Electre : As-tu consulté l’Oracle ?

Oreste : Apollon m’a parlé. Elles sont déjà là par milliers et vont changer la face d’Argos.

Electre : Mais de qui parles-tu ?

Oreste : Des Faaaaaaaannnnzooooooones !!!

*Tu ne comprends pas ce qu’Oreste vient faire dans cette histoire, lis-ça !

 

Il est temps que je lève le voile sur le petit secret qui nous anime depuis 2 mois et dont je te livre aujourd’hui la primeur.

C koi une fanzone ?

Dans SPYCIN, on peut consulter ses réseaux comme ceux de ses amis en un swipe. Ca, tu le sais déjà car tu lis les posts depuis 1 an ou a déjà téléchargé l’app. Mais depuis ces derniers jours, il y a du nouveau, à savoir les fanzones. Il s’agit d’espaces dédiés à une célébrité ou à une organisation regroupant toutes les plateformes sur lesquelles il ou elle diffuse son actualité.

Site internet, Twitter, Snapchat, Insta, YouTube, Facebook, Spotify, Tik Tok et même son Wikipedia (bientôt Twitch et Soundcloud) sont accessibles en un swipe. C’est toute l’actu, la musique, la vidéo, les podcasts réunis en une appli. C’est pas beau, ça ?

Mel le développeur, aka le pompier, devenu entre temps « l’Inca » (étant donné qu’il est coincé depuis 1 mois au Pérou*), a suivi la voie des astres pour venir à bout de cet ouvrage titanesque. Je rappelle tout de même que l’interface v1 de Tik Tok a coûté 200 jours de développement pur, post-rachat de Musicaly. En France, on a des idées et du savoir-faire. On aimerait aussi un peu de cash pour accélérer, si possible en euro même si on accepte volontiers les dollars ou les yuans… A bon entendeur 😉

*Breaking News : Il vient d’atterrir à Madrid !!!

Ya ki ?

Donc… Plus de 2 000 pages ont été créées, allant des artistes Rap au R&B, de l’Electro au Rock/Metal, des grands influenceurs aux éphémères de la téléréalité, des acteurs aux sportifs, de la politique aux ONG…  On a tout sur tout ou presque et si ta star préférée fait défaut au panel, envoie-nous une demande depuis l’appli pour qu’on ajoute sa fanzone. Nous n’opérons aucune censure sinon celle de la légalité. Evidemment, sont surtout présentes dans SPYCIN les célébrités que suit la jeunesse, sans jugement qualitatif ou moral. Je me suis toutefois allé à quelques petits ajouts de vieux schnock qui devraient plaire à celles et ceux nés avant 80.

NB to Jeff : JJG, Def Leppard et Bon Jovi sont de la partie 😉

En aparté

Rends-toi au paragraphe suivant si tu n’as pas 5 minutes devant toi. Si tu veux tout savoir sur ma réflexion, prends un café et bonne lecture.

Avec mon regard de quarantenaire, il est clair que l’intérêt des personnalités que j’ai pu balayer est très disparate. Cela ne signifie pas que tout est à jeter. Au contraire. Mais on peut regretter qu’une grande partie de la jeunesse focalise son attention sur quelques profils dont les propositions convergent (Y’a un jeu de mot là ? Non ?). Bien sur, il est toujours difficile de juger les goûts d’une génération quand on n’y appartient pas soi-même et SPYCIN n’a ni la vocation ni la prétention de vouloir changer les mentalités. Néanmoins, il me semble qu’un biais culturel existe depuis que les algorithmes entrent en écho avec nous-mêmes. Nous nous intéressons de plus en plus à ce qui nous ressemble. Et ce qui nous ressemble est en grande partie liée à ce que la Société prescrit (je renvoie à l’abondante littérature de la prédiction créative et du stigmate). Tout particulièrement quand on a 12 ou 15 ans et qu’on aspire à avoir les mêmes Nike que le copain ou le pantalon taille haute à la mode (c’était taille basse il y a 10 ans) pour être swag. Or, c’est aussi à cet âge-là qu’on fait ses armes sur Youtube, qu’on créé ses premiers comptes (bien qu’on ait pas l’âge pour), qu’on se frotte à la globalité d’un monde toujours présenté sous son angle le plus aguicheur. C’est un âge de construction par ressemblance qui, massivement alimenté par les bulles de filtre, lisse le développement de la personnalité autour d’un dénominateur commun dont les propriétés sont globales et monétisables.

La génération des Millenials souffre, dans une forme de légèreté ignorante ou résignée, des mécanismes de suggestion et de promotion à l’oeuvre, bien plus encore que la génération précédente qui choisissait sa musique dans les bacs de la médiathèque municipale, en fonction de la pochette ou du style. Et je ne parle même pas des plus anciens qui s’encanaillaient secrètement sous leur couette à écouter le rock diabolique diffusé par les radios pirates.

Appliquée sur 5 ans voire 10 ans, cette formule algorithmique pourrait se conclure par une aporie tautologique, un mouvement civilisationnel qui étoufferait son penchant pour l’altérité. Sans vouloir paraître trop alarmiste ou coincé dans les certitudes de son âge, il faut avoir conscience du peu de diversité culturelle que subit la jeunesse, même la plus curieuse, toute engoncée dans ces tunnels digitaux imposés, dissimulant une offre qui n’a pourtant jamais été aussi abondante et variée. Et je parle en connaissance de cause. Je suis au contact de la population, j’ai passé en revue des milliers de personnalités pour SPYCIN et ai longtemps été un adepte de la recherche web tout azimut. C’est un mouvement que je constatais déjà sur la fin de la décennie 2000, alors que j’étais en fin d’âge cible, et je dois admettre que le temps de Myspace est désormais loin (même si je n’ai pas connaissance de toutes les plateformes). La nostalgie m’éprend en repensant à cet eldorado du chineur musical qui nous permettait de flâner et de découvrir, d’un contact à l’autre, les titres dépaysants d’un groupe amateur de l’Illinois ou d’une chanteuse srilankaise, en toute gratuité. Quel enseignement pourrait-on tirer d’une telle expérience ? La seule recherche qui vaille, qui enrichit les personnalités et développe le savoir procède toujours d’une intention initiale de recherche, d’une action visant délibérément à voir ailleurs, à s’intéresser à l’autre, quitte à être déçu ou dégoûté. Mais, dans tous les cas, qu’importe la trouvaille finale, du moment qu’un chemin ait été parcouru. Rechercher, c’est comme voyager. On s’extasie, on s’étonne, on se fait peur, on évolue, on apprend, on cherche à comprendre l’autre et on finit par mieux se comprendre soi. Mais si notre recherche est assistée jusqu’à son intention, c’est le goût même de trouver qui se perd dans les tréfonds d’une humanité en voie de déchéance. On se rabougrit jusqu’à ressembler à ce qu’on doit être. Et quand cette logique s’applique aux adolescents, elle questionne leur développement en tant que personne.

Fruit d’un formatage télévisuel, d’abord, et du biais cognitif qu’introduisent les outils de recherche et suggestions web ensuite, les arts et loisirs ont muté en entertainment aux bords lissés, pour mieux être reçu par le plus grand nombre. L’illustre a cédé la place au célèbre et l’impact d’une personne a désormais moins d’importance que son influence. Bien sur, on pourrait aussi voir dans les soubassements de cette tendance un rapport de classes exacerbé, aboutissant à une répartition profondément inégale du patrimoine culturel. Je n’aborderai pas ici ce terrain d’analyse, quoique mon opinion rejoigne celle des disciples de Bourdieu. Il est évident que si les parents d’un enfant le poussent à jouer du violon, ce dernier accumulera une culture plus large que s’il était resté seul dans sa chambre à écouter le dernier JuL ou Drake, sans jugement aucun quant à la production de ces artistes. Et même s’il rejetait ou délaissait au final son instrument ou exécrait la musique classique, le jazz et la musique sérielle, il y serait initié et porterait cette alternative conceptuelle pour la vie.

Cela va sans dire mais je n’attends pas à ce que tu partages ce point de vue qui d’ailleurs n’a ni la rigueur d’une thèse, ni vocation à convaincre. Je t’explique simplement les ressorts de mon action. Si toutefois tu souhaitais compléter ou constester l’approche, je serai réceptif à tes remarques.

Quoiqu’il en soit, SPYCIN ne pouvait ignorer cette tendance accélérée au conformisme et à l’atrophie culturelle, et se devait d’offrir modestement une alternative tout en assumant le fait de contribuer également au phénomène.

Comment on cherche ?

Tags, catégories et moteur de recherche sont évidemment de la partie. On ne peut pas changer les habitudes d’usage quand on est aussi petit sans prendre le risque d’être immédiatement rejeté. Une nouveauté est toutefois introduite : les fanzones rejointes par tes amis te sont aussi suggérées. Bien sur, toutes ces données resteront entre nous. Pas question de les monétiser avec je ne sais qui pour je ne sais quelle raison. On manque d’argent mais on a des principes.

Contrairement à d’autres plateformes, l’algorithme ne t’orientera pas à terme uniquement en fonction de ce que tu suis (ou devrais suivre pour des raisons commerciales) mais s’inspirera des pérégrinations de tes amis. Si tu es à court d’idées, rien ne vaut la prescription musicale d’un grand-frère qui écouterait par exemple un ovni nommé Faith No More (c’est autobiographique, là, non ?) ou d’un pote qui, après chinage intensif, serait dévolu corps et âme à la musique folle de Mr Bungle (ça me rappelle quelque chose). Le partage est imminemment le moteur de toute culture. Se reposer sur la seule recommandation informatique, c’est perdre l’interaction provoquée et dont la culture serait parfois le prétexte. N’avez-vous jamais abordé une fille qui vous plaisait en la sachant fan de Noir Dès’ (Peut-être pas finalement 😉 ? Cet aller-retour entre individus est aussi ce qui fabrique l’émotion du temps culturel. Et par cette émotion, un souvenir se créé et nous aide à nous façonner. Reproduire cette magie existentielle est un idéal que SPYCIN gardera toujours en vue, même si pour le moment notre offre est imparfaite.

Autre nouveauté, SPYCIN poussera à terme des profils qui a priori n’appartiennent pas au cortège mainstream. Nous avons ajouté, et continuerons de le faire, quantité de groupes et personnalités qui méritent attention bien que leur notoriété ne soit pas au niveau de celle de Selena Gomez ou Gims. C’est ainsi que des musiciens de Jazz, des activistes, des bienfaiteurs, des ONG, bientôt des artistes, des danseurs, des scientifiques, des écrivains… complèteront les travées de SPYCIN et se verront promus par l’application. C’est subjectif ? Oui et ce sera assumé quoique nous essaierons d’être les plus impartiaux possible dans les propositions. Mais ajouter une couche algorithmique sur ce sujet ne ferait qu’apporter de l’eau au moulin dont on essaie de freiner la roue. Alors, nous imitons le petit libraire de quartier ; on place un post-it sur les livres qu’on a aimés ou qui méritent ton attention.

Enfin, chacun est libre de s’intéresser aux centres d’intérêt des autres. C’est aussi l’objet du stalking de SPYCIN. Certains y voient un mal ouvrant la porte aux pires des harceleurs. Moi, je considère que s’intéresser à l’autre dans ce qu’il nous laisse à voir est noble et SPYCIN est suffisamment « secure », sans couche communicante directe, pour que la découverte d’autrui puisse être entreprise de manière maîtrisée. Le monde est dangereux mais il est sans doute tout aussi dangereux de ne pas apprendre à le connaître par peur de ce qu’on pourrait y trouver. Pouvoir passer d’un pote à l’autre, d’un fan à l’autre, d’une passion à l’autre… SPYCIN veut réhabiliter la recherche hasardeuse d’une passion inconnue à laquelle un tiers nous initierait sans le savoir. Et qui sait, peut-être deviendra-t-il in fine notre ami, s’il ne l’est pas déjà.

Ces réponses peuvent apparaître bien maigres pour limiter le problème décrit en aparté, mais c’est notre première orientation, et elle ne demande qu’à être enrichie. Toutes les idées dont la faisabilité temps et technique restent à notre portée sont les bienvenues.

Côté design

Tu l’auras sans doute remarqué, un parti pris « comics » a été adopté sur les Fanzones. Pendant que le cabinet GBA réalisait avec zèle l’étude juridique du dossier Fanzone (car le droit d’auteur et le droit à l’image sont plutôt complexes à appréhender en France), une idée a jailli : cartooniser les photos (le travail va même au-delà), pour la plupart sous licence Creative Commons, pour renforcer l’identité de l’app. Un travail de forçat s’est alors engagé (14h/jour sur 5 jours), assumé par ton dévoué rédacteur. J’espère que les personnes représentées apprécieront les visuels et que de ton côté, tu adhèreras à l’esthétisme d’ensemble (les commentaires sont appréciés ;).

Access to Fanzone

Tu sais maintenant beaucoup sur la nouveauté Fanzone de SPYCIN et la réflexion plus profonde qui m’anime. J’espère que cette lecture t’aura converti à l’idée d’adopter l’appli dans tes usages quotidiens et te conduira même à la recommander.

En ces temps contraints de confinement, je suis certain que l’application est une réponse durable à notre besoin d’ouverture que nous nourrissons plus que jamais et dont les passerelles doivent être les plus directes, plus variées et respectueuses de notre vie privée. Tu le verras, tu te surprendras à parcourir les catégories des fanzones pour savoir ce qu’ELLE est devenue, ce qu’IL dit de la situation ou ce qu’ILS font pour changer le monde.

Si des célébrités manquent à la base, tu peux nous écrire depuis l’appli. On fera le nécessaire pour ajouter leurs fanzones. Evidemment, inutile de me suggérer Winston Churchill ou Clovis ; ils ne twittent plus depuis longtemps 😉 SPYCIN n’a pas de vocation encyclopédique.

Pour nous suivre, abonne-toi à tous les réseaux ou tout simplement consulte la Fanzone de… SPYCIN.

Bon courage à toi et porte-toi bien en ces temps difficiles.

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